La Sonate de Requiem d’Olivier Greif a rencontré au disque un immense succès, apportant, du jour au lendemain, au compositeur une reconnaissance et une célébrité inattendues, mais posthumes. Cette déploration sur la mort de sa mère est paradoxalement devenue son propre chant funèbre, occultant peut-être durablement le reste d’une œuvre comprenant plus de 300 numéros d’opus. Le violoncelliste Henri Demarquette, enregistre à nouveau cette pièce, en complément de la première discographique du Concerto que Greif lui dédia en 1999. Il ne saurait être question d’évaluer ni la musique, ni l’interprétation de ce qui demeure sans concurrence, mais plutôt de comprendre les raisons d’un engouement et de l’adhésion d’une partie d’un public dont l’intérêt premier n’est pas forcément le domaine de la musique classique contemporaine.
A force d’écouter sur France Musique les analyses lumineuses et sensibles de Philippe Cassard, on avait presque fini par croire qu’il n’était qu’homme de radio. Heureusement, ce disque vient opportunément nous rappeler quel pianiste il est, même si sa carrière discrète ne l’amène que trop épisodiquement sous les feux de la rampe.
Claire-Marie Le Guay poursuit dans ce troisième volume son exploration croisée des sonates de Haydn et Mozart. Un rapprochement qui n’est logique qu’en apparence, tant les styles des compositeurs, les dimensions des œuvres, leurs périodes de création et leur destination sont différents. Marc Vignal, auteur du texte de présentation, confesse d’ailleurs implicitement ce manque de lien en écrivant : « Les œuvres réunies ici […] ont été sélectionnées en fonction de critères plus inattendus pouvant mettre aussi en évidence leurs différences. » En clair : « Circulez, y a rien à voir ». Ce n’est pas grave, après tout il s’agit d’œuvres plaisantes - sans doute même plus que cela pour Haydn – ce qui suffit amplement pour donner envie d’écouter un tel programme.
Capté en direct, il convient d’apprécier ce disque présentant une partie de l’oeuvre liturgique de Beethoven non comme un enregistrement travaillé et retravaillé, avec ses coupes et ses raccords dus à la technique, mais bel et bien comme un concert, avec l’habituelle indulgence du direct, mais aussi certaines limites de la prise de son.
Accord consacre deux disques à l’organiste de St Etienne du Mont, qui témoignent de la vivacité de son imagination et de son exceptionnel talent d’instrumentiste.




